Education Intégrale

Introduction

L’éducation intégrale est un système ouvert, complet et adapté à tous les enfants selon leur personnalité et leurs besoins. Elle adresse de façon cohérente et subtile tous les aspects du développement de l’enfant : physique, émotionnel, mental et intérieur à travers :

  • des activités physiques quotidiennes et la maîtrise du corps et de ses fonctions ;
  • le développement des sens ;
  • la maîtrise du caractère, la floraison des valeurs humaines essentielles (courage, sincérité, bonté, noblesse, etc.) ainsi que des forces intrinsèques de l’enfant ;
  • le développement du sens éthique et esthétique ;
  • le perfectionnement méthodique des facultés mentales (observation, concentration, mémorisation, imagination, raisonnement, etc.) ;
  • la connaissance de soi.

Tout cela offre à l’enfant une profonde connaissance psychologique de lui-même, mais l’amène aussi à découvrir ce qui fait de lui un être unique. Il développera la maîtrise de soi et la capacité de s’épanouir tout en étant au service de ceux qui l’entourent, du monde, mais aussi de la nature. Il saura garder vivant en lui tout au long de sa vie l’enthousiasme, la curiosité et la soif de progrès et de perfection.

Fabrice vous propose de découvrir les fondations vastes et solides de ce système ainsi que ses applications pratiques. Une éducation où l’enfant est l’acteur principal de son propre développement ; développement qui l’amènera à se découvrir, se maîtriser, s’épanouir tout en harmonisant tous les aspects de sa personnalité avec ce qu’il y a de plus noble, de plus vrai, de meilleur en lui.

L’adulte, subtil, rempli de bienveillance et de clarté, assistera l’enfant dans cette découverte tout en étant lui-même en constante évolution. Il l’encouragera à se connaître, à progresser, à s’affirmer, afin que plus tard il trouve sa vraie place dans le monde et offre ainsi le meilleur de lui-même à la société, à la nature, et ainsi participe à la création du monde de demain.

vue-densemble

Education Physique :

  • Une heure d’activité physique quotidienne – pour cultiver la souplesse, la force, l’agilité, l’endurance, la grâce et pour renforcer le caractère.
  • Apprendre à être à l’écoute de son corps, de ses messages et de ses besoins.
  • Une hygiène de vie saine – activités et postures variées, temps d’assimilation et de repos, alimentation, sommeil.
  • Cultiver des sens aiguisés – entraîner la précision du scientifique et la sensibilité de l’artiste.

Education vitale (intelligence émotionelle):

  • Développer l’intelligence émotionnelle: prendre conscience de ses émotions, réactions et impulsions; se connaître, se maîtriser et s’épanouir.
  • Eveiller le sens esthétique – afin d’exprimer la beauté et l’excellence à travers les mouvements, les émotions, les pensées et les actions.
  • Cultiver les qualités humaines fondamentales tels le courage, la sincérité, la bienveillance, l’amour de l’apprentissage, la solidarité.
  • Développer une volonté puissante, au service de ce qu’il y a de plus noble et élevé.

Education des facultés mentales:

  • Développer les facultés mentales de façon méthodique et intéressante – observation, comparaison, concentration, mémorisation, imagination, raison, intuition.
  • Apprendre à communiquer, à exprimer ses émotions et ses besoins et comprendre les autres.
  • Développer l’éthique ainsi que l’intégrité. Cultiver l’autodiscipline.
  • Entraîner le discernement – choisir ce qui est sain et harmonieux.
  • Développer une intelligence vive, subtile et intuitive.

Etre psychologique profond – La Présence – Intériorité :

  • Cultiver ce qui fait de chacun un être unique avec des qualités uniques.
  • Encourager la connaissance de soi.
  • Favoriser la profondeur d’être et l’élévation, la simplicité et l’aspiration.
  • Cultiver l’enthousiasme, la gratitude et la sagesse.
  • Encourager un but de vie noble et sain – correspondant à la nature intrinsèque de chacun – au service de ceux qui nous entourent, de la nature et du futur.
  • Nourrir l’aspiration pour le bien, le beau, le vrai.

Le rôle de l’adulte :

  • Être – enseigner par l’exemple.
  • Devenir – avancer à son rythme vers sa propre culmination (afin de servir les autres et la terre).
  • Continuer à découvrir les richesses infinies de la vie.
  • Offrir aux enfants un équilibre entre liberté et discipline.
  • Être un ami, un sage, un guide sûr.

Extraits de Sri Aurobindo et Mirra Alfassa sur l’éducation

 

Le Corps

Notre corps est l’aboutissement prodigieux de plus de 13 milliards d’années d’évolution.

Cette merveille d’une complexité inouïe, au potentiel infini et dont notre vie dépend, mérite toute notre attention et notre sollicitude. Il est vital d’offrir des activités physiques quotidiennes à tous les enfants et de les encourager à être à l’écoute de leur corps ; nous pouvons explorer le juste rôle de la nourriture et l’équilibre subtil entre action et assimilation, entre effort et lâcher-prise. La respiration et le contact avec la nature sont également des alliés précieux afin de cultiver systématiquement chez tous les enfants, un corps sain, fort, agile et endurant et leur offrir ainsi une fondation saine et solide pour la vie.

Etudes scientifiques

Aujourd’hui en France un jeune sur cinq est en surpoids ou obèse. Au niveau mondial, l’inactivité serait responsable de 10 % des décès. Pour remédier à cet état de fait, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande notamment une heure d’activité physique quotidienne pour tous les enfants.

Selon l’OMS, une activité physique pratiquée de manière appropriée aide les jeunes à développer un appareil locomoteur (os, muscles et articulations) et cardiovasculaire (cœur et poumon) sain, à développer une bonne conscience neuromusculaire (coordination et contrôle des mouvements) et à garder un poids de forme.
Non seulement il a été démontré que l’activité physique apportait de nombreux bienfaits sur le plan psychologique (c’est notamment un bon antidote aux symptômes d’anxiété et de dépression) mais également qu’elle contribuait au développement social des jeunes (opportunités d’expression de soi, d’interactions sociales, d’intégration et renforcement de la confiance en soi). Il semble également que les jeunes qui pratiquent une activité physique adoptent plus volontiers des comportements sains (comme éviter le tabac, l’alcool et la consommation de drogues) et ont de meilleurs résultats scolaires. Les activités physiques sont aussi l’occasion de faire grandir de nombreuses qualités telles la détermination, la discipline, le travail d’équipe, l’équanimité, le courage, la concentration, la dextérité, la volonté, la bonne humeur, la maîtrise de soi, etc.

Exercice

A l’écoute de son corps

Ferme les yeux et observe ton corps : comment est-il (tendu, fatigué, nerveux) ? Prends conscience de ta position. Installe-toi dans une position digne et droite. Comment te sens-tu maintenant ? Scanne ton corps du sommet de la tête jusqu’au bout des pieds et observe avec bienveillance les différentes sensations qui s’y trouvent. Y a-t-il une partie du corps que tu sens davantage ? Sens-tu quelque part une pulsation, une crispation, une tension, une lourdeur, un pétillement ? Si c’est le cas, prends trois respirations à l’endroit où la sensation se trouve. Y a-t-il des parties du corps que tu ne sens pas ? Si ton corps pouvait exprimer ses besoins, que demanderait-il ? Ton corps a-t-il besoin de quelque chose ?

Si nous souhaitons y consacrer davantage de temps nous pouvons continuer ainsi : porte ton attention sur ta tête, sens ton front, tes yeux, comment est ta mâchoire ? Est-elle détendue ou crispée ? Détends-la. Sens ton cou, tes épaules ; relâche tes épaules. Sens l’air qui gonfle et dégonfle ta poitrine, essaies de sentir ton cœur qui bat. Concentre-toi maintenant sur le ventre ; comment est-il ? Y a-t-il une boule, est-il vide, fait-il du bruit ? Concentre-toi maintenant sur la région du bassin, puis du dos. Comment sont tes jambes ? Calmes, agitées ? Sens tes chevilles, la plante des pieds, et puis bouge tes orteils, étire-toi tout en douceur.

Il est aussi possible, quand il y a une sensation corporelle, de simplement rester présent avec la sensation, d’observer son évolution ainsi que les émotions, les pensées, les images qui surviennent lors de l’exercice.

Les Sens

Nous pouvons entraîner l’attitude et les connaissances du scientifique

et la sensibilité, la créativité de l’artiste.

Nous pouvons accompagner les enfants dans leur développement sensoriel afin qu’ils acquièrent tant l’attitude et les connaissances du scientifique que la sensibilité et la créativité de l’artiste.

Quand l’artiste regarde un visage, c’est le témoignage de toute une vie qu’il découvre, comme si chaque événement, chaque émotion, avaient laissé une impression sur son passage ; quand l’oiseau chante, le compositeur, le poète, perçoit une symphonie lumineuse, un éclair cristallin brisant le silence ; quand le peintre observe un champ de tournesol : c’est un champ de feu qui brûle sous ses yeux, comme si le soleil dans toute sa splendeur s’enflammait dans les prés. Mais pourquoi laisser toutes ces joies à l’artiste, au poète ?

Études scientifiques

De multiples recherches nous montrent que le développement sensoriel a des impacts déterminants sur de nombreux autres domaines du développement de l’enfant. Ainsi, la stimulation du sens du toucher aiderait les enfants à intégrer de façon concrète et expérientielle des idées abstraites. En effet, sur la base de diverses études effectuées sur 15 années, Cabrera et Cotosi ont découvert que l’exploration pratique (hands-on) contribue non seulement à la compréhension de concepts abstraits mais aussi à quatre facultés mentales essentielles à l’apprentissage : faire des distinctions, reconnaître des relations, organiser des systèmes et prendre plusieurs perspectives4.

Exercices

Pour développer le goût et l’odorat :

A l’occasion d’un repas, rendez-les attentifs aux odeurs des différents aliments, apprenez-leur les noms des différents condiments et ingrédients, des différents fromages, etc., puis au repas suivant, bandez-leur les yeux et demandez-leur de deviner ce qui est au menu.

Pour élargir leur capacité à apprécier les différentes saveurs, faites-leur découvrir et apprécier le piquant du poivre, du gingembre ou du piment ; l’astringence du thé, de la baie de myrtille, de l’argousier ; l’amertume du pamplemousse, des endives, etc.

Faites-leur découvrir les baies poivrées et suaves à l’aspect boisé et résineux du genévrier ; les graines de fenouil légèrement camphrées et sucrées, qui ressemblent à l’anis et dont le goût monte en bouche progressivement en laissant sur le palais une douceur stable et raffinée ; explorez ainsi les fruits locaux ou exotiques, les épices qui firent la richesse de nombreux marchands telles la cannelle, le safran, les graines de moutarde, la cardamome, le gingembre, le clou de girofle, et le curcuma. Cela peut aussi être l’occasion d’introduire de l’histoire et de la géographie.

La pédagogie par la Nature

To learn in order to know, to study in order to have the knowledge of the secrets of Nature and of life, to educate oneself in order to increase one’s consciousness, to discipline oneself in order to be master of oneself, to overcome one’s weakness, one’s incapacity and ignorance, to prepare oneself in order to progress in life towards a goal that is nobler and vaster, more generous and more true.  Mirra Alfassa

La nature est infinie dans sa richesse, sa créativité, sa générosité. Depuis toujours elle inspire les artistes, les scientifiques, les écrivains, les grands créateurs, les sportifs, les paysans, … Tous s’abreuvent de son génie, à ses sources intarissables de richesses et de bien-être. De l’infiniment petit à ses grandeurs incommensurables, elle peut et ose tout : ne fait-elle pas flotter les océans dans le ciel ?

La nature est aussi l’alliée précieuse de l’enseignant : sa beauté, la richesse de sa faune et de sa flore, l’infinité de ses formes, de ses couleurs, de ses senteurs, son évolution incessante, sa pureté, son abondance, la danse mystique des saisons, en font le lieu idéal pour se connaître, découvrir et étudier le monde. Quel enseignant peut-il offrir en classe une telle gamme d’expériences, de couleurs, d’objets et de phénomènes ?

La nature offre les conditions idéales pour apprendre de façon expérientielle et dynamique, avec enthousiasme et émerveillement. Elle est parfaite pour développer le corps : la motricité, l’agilité, la dextérité, la coordination ; pour développer les sens et le sens esthétique ; pour faire éclore et fortifier les valeurs humaines fondamentales telles la persévérance, le courage, l’humilité, la gratitude ; mais aussi les forces de caractère telles l’endurance, le leadership, le travail d’équipe, la prudence, la maîtrise de soi. La pédagogie par la nature est aussi idéale pour entraîner les facultés mentales telles l’observation, la comparaison, la concentration, la mémorisation, etc. Tous les sujets peuvent être enseignés dans la nature : les mathématiques (découvrir les formes, le poids et la taille d’objets, sérier des bouts de bois, compter), les langues (le vocabulaire, la poésie), la communication (la collaboration, l’écriture), la géographie, les sciences, l’histoire, etc.

Les écoles partiellement dans la nature ont fait l’objet de nombreuses recherches8; celles-ci ont démontré que les enfants développent davantage leurs habilités motrices, ont de meilleures capacités de concentration, plus de créativité, qu’ils sont moins souvent et moins longtemps malades ; ils ont un meilleur équilibre émotionnel, apprennent à jouer ensemble, à s’entraider davantage et ont moins de conflits entre eux. Il est à noter – comme le remarquent de nombreux enseignants qui sortent dans la nature avec leur classe – que les enfants ‘plus difficiles à gérer en classe’ ne créent parfois plus de difficultés une fois dans la nature et font même preuve de qualités insoupçonnées. L’hyperactivité ainsi que de nombreuses autres maladies modernes sont atténuées dans la nature quand elles ne disparaissent pas tout simplement9.

En conséquence, le rapport avec la Terre est lui aussi transformé positivement – nous protégeons mieux ce que l’on aime. Rappelons-le, il y a urgence, les scientifiques de tous bords tirent la sonnette d’alarme, l’humanité hypothèque son futur (un occidental a de nos jours en moyenne une empreinte écologique de 3 planètes).

Quelques idées d’exercices :

Avec enthousiasme et persévérance, tel un détective, un scientifique, tel Darwin ou Rousseau : étudiez le chant des oiseaux, les traces d’animaux, les fleurs, les arbres, les roches, les différents nuages, etc.
On commencera par cultiver leur sens de l’observation : combien cet oiseau a-t-il de couleurs et où ? A quel moment de la journée ou de l’année chante-t-il ? Comment est son bec, comment sont ses pattes, ses ailes ? Comment est son vol ? A-t-il plusieurs chants ? Vit-il en groupe ou en solitaire ? A quelle heure se lève-t-il et va-t-il se coucher ?
La deuxième étape est la comparaison : nous allons étudier un autre oiseau et noter les différences.
Nous pouvons dessiner l’oiseau, étudier son nid, écrire ce que nous savons sur lui, faire une présentation orale, écrire un poème, jouer avec les chiffres (combien pèse-t-il, mais comment fait-il pour s’élever si haut dans le ciel, combien doit-il manger chaque jour ?).
On peut faire des recherches sur cet oiseau, l‘étudier (livre, applications, internet) et voir si nos observations correspondent aux connaissances des ornithologues.

Il ne s’agit donc pas d’apprendre par cœur les choses mais de les découvrir par l’expérience.

  • Retrouver l’arbre dans la forêt : allez en forêt puis bandez les yeux de l’enfant ; prenez sa main et conduisez-le (en faisant des détours) près d’un arbre ; laissez-lui le temps de faire connaissance avec cet arbre, puis ramenez-le au point de départ (en faisant quelques détours). Enlevez-lui le bandeau et demandez-lui de retrouver son arbre.
  • Dans votre lieu de vie ou à l’occasion d’une balade dans la forêt, proposez-leur de trouver la plus large palette possible d’odeurs différentes dans un temps donné (10 minutes par exemple). Invitez-les à formuler ce que chaque odeur évoque pour eux (une image, une musique, etc.).
  • Les yeux bandés, donnez à l’enfant un coquillage, un caillou ou une feuille ; laissez-le explorer son objet puis déposez son coquillage, son caillou ou sa feuille parmi d’autres objets et demandez-lui de le retrouver.

Plus d’exercices dans le livre « Une éducation intégrale pour grandir en s’épanouissant » de Fabrice Dini

  • Finding a tree in the forest: go into a forest and blindfold the child; take his hand and lead him to a tree (by making detours); let him get to know this tree, then bring him back to the starting point (by making some more detours). Remove the blindfold and ask him to find his tree.
  • In your living space or during a stroll in the forest, ask the children to find the widest possible range of different odors in a given time (10 minutes, for example). Invite them to formulate what each smell evokes for them (an image, music, etc.).
  • With his eyes blindfolded, give the child a shell, a pebble or a leaf; let him explore this object, then put it among other objects and ask him to find it again.

L’Intelligence Émotionnelle

77% des recruteurs européens préfèrent des candidats émotionnellement intelligents plutôt que forts en diplômes

Les émotions colorent nos vies de leurs multiples teintes, elles sont « les couleurs du monde », tantôt lumineuses ou sombres, tantôt vives ou profondes. Elles influencent notre perception des circonstances et sont fondamentales dans nos rapports avec nos enfants, nos proches et nos collègues de travail mais aussi dans nos rapports avec la nature, les autres nations et cultures. Elles sont souvent sources de conflits, de difficultés et de souffrances ; mais elles sont aussi l’expression vibrante du cœur, des sentiments plus profonds comme l’amitié, l’amour et la compassion.

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ?

L’intelligence émotionnelle désigne « l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres »1.

Nous le voyons, le monde évolue rapidement, la maturité émotionnelle et le développement personnel deviennent une priorité pour beaucoup ; car quels changements (qu’ils soient sociaux, écologiques, politiques ou économiques) peuvent améliorer en profondeur la condition humaine s’il n’y a pas au préalable une transformation de l’individu ?

Même au niveau professionnel, il apparaît dans de nombreux sondages que plus de trois quarts des recruteurs privilégient les candidats émotionnellement intelligents plutôt que ceux bénéficiant de nombreux diplômes. L’intelligence émotionnelle est aujourd’hui considérée comme étant tout aussi importante que le Q.I.

Exercice

Une condition indispensable au progrès est la connaissance de soi : prendre conscience de nos émotions, pensées, réactions, forces et faiblesses mais aussi de cette présence qui nous anime – notre essence profonde. Cette prise de conscience est progressive ; l’adulte, pour l’encourager chez l’enfant, peut simplement lui tendre un miroir, lui donner l’habitude de prendre « sa météo intérieure », de s’observer, de tourner le regard vers l’intérieur. Il l’amènera à découvrir les signes annonciateurs d’une tempête, les causes ou les circonstances qui la provoquent, ses effets sur son corps, son comportement, ses pensées et ses émotions.

Installez-vous confortablement et prenez quelques instants pour observer votre météo intérieure : comment vous sentez-vous physiquement (tensions, détente, etc.), émotionnellement (triste, agité, etc.) et mentalement (beaucoup de pensées, peu de pensées, etc.) ? Prenez-en simplement note.

Et maintenant, en respirant si possible par le nez, sentez à l’inspiration le diaphragme descendre et gonfler l’abdomen ; à l’expiration, l’air sort par les narines et le diaphragme remonte. Pour que cette respiration soit encore plus profonde, vous pouvez sentir le bas-ventre jusqu’au pubis s’élever et s’abaisser aussi, au rythme de la respiration.

Revenez maintenant à votre météo intérieure et observez les changements au niveau physique, émotionnel et mental.

Les Forces de Caractères

La psychologie positive étudie depuis quelques années les forces de caractère dans l’objectif de concevoir une classification de traits positifs de l’être humain. Martin Seligman et Christopher Peterson ont posé un cadre de référence de ces forces dans le livre ‘Character strengths and virtues’, proposant une classification de 24 forces de caractères ou qualités intrinsèques qui sont constamment citées à travers les cultures et l’histoire et sont regroupées en 6 vertus. Les forces répertoriées se veulent universelles. Cette classification vise à favoriser le repérage des ressources de l’individu lui permettant d’accéder au mieux-être.

Voici le lien pour découvrir vos cinq qualités intrinsèques le test VIA.

Suite à la passation du questionnaire, nous obtenons un classement de nos forces principales. Les 5 premières forces constituent ce que les auteurs appellent la « signature » de l’individu. Selon l’approche proposée par la psychologie positive, la mise en action de ces forces personnelles – en particulier celles qui constituent la signature – est source de progrès et de bien-être. Comme l’enfant qui aime marcher et courir une fois qu’il a acquis cette compétence, nous prenons plaisir à exercer des activités qui mettent en œuvre nos capacités, nos habilités, nos talents, et ce, tout au long de la vie.

Plusieurs programmes ont été mis sur pied sur cette base pour les écoles afin que les élèves découvrent et développent leurs forces de caractère intrinsèques et augmentent leur résilience ainsi que la fréquence des émotions positives. Les études ont démontré que les élèves qui suivaient ces programmes avaient augmenté leur curiosité, leur créativité ainsi que leur fibre sociale (empathie, coopération, contrôle de soi, assurance) ; ils ont aussi développé la passion d’apprendre, l’engagement et le plaisir d’être à l’école ; cela a également réduit la dépression et l’anxiété tout en améliorant les performances scolaires.

Exploration d’une force de caractère

Quelle est votre définition de cette force ? Faites une liste des situations, circonstances (avec qui, quand) dans lesquelles elle est présente. Est-ce qu’elle vous apporte quelque chose ? Comment vous sentez-vous quand elle est présente (physiquement, émotionnellement, dans la tête) ?

Stratégies pour développer les forces de caractère

Réfléchissez à sept nouvelles manières d’utiliser une de vos forces (dans votre vie quotidienne, professionnelle, sociale, sentimentale ; à l’école pour que les cours soient plus intéressants, dans vos rapports avec vos parents, votre frère ou votre sœur, avec vos amis, dans votre temps libre, en faisant du sport).

Exemple : CURIOSITE : approfondir ma connaissance d’une thématique qui me passionne en lisant des livres, des journaux spécialisés, en faisant des recherches sur internet, en regardant un documentaire ; observer l’architecture des bâtiments sur le chemin de l’école ; essayer de comprendre le caractère de mon frère ; observer les fluctuations de mon humeur durant la journée ; prendre des cours sur un sujet que je ne connais pas ; passer régulièrement du temps avec des personnes d’une culture différente pour découvrir la richesse de leur culture ; explorer la faune et la flore de la forêt au moins une heure par semaine.

Gérer les situations difficiles avec les forces de caractère

Pensez à une situation récente et un peu difficile. Passez en revue chacune de vos 5 forces de caractère principales et explorez comment elles peuvent vous aider à mieux faire face à la situation ; trouvez une ou plusieurs stratégies. Par exemple : si une de mes forces est l’humour et que j’ai des tensions avec quelqu’un je peux briser la glace avec de l’humour pour détendre l’atmosphère et établir une certaine complicité. Si cela prend toujours dix minutes à la récréation pour faire des équipes de jeux, je peux utiliser ma qualité de leadership.

Trouvez de nombreux autres exercices à faire pour cultiver les forces de caractère dans le livre.

Les Qualités humaines fondamentales

Chaque enfant a le potentiel de s’épanouir tout en offrant au monde ce qu’il a de meilleur en lui, de devenir un être humain éclairé, solidaire, bienveillant, dynamique et ainsi contribuer au bien-être de tous et à la construction d’un futur lumineux. C’est à chacun de nous et à chaque nation de fournir le terreau idéal pour que ces valeurs humaines fondamentales s’épanouissent dans le cœur de chaque enfant.

Des feux splendides éclairent la longue ascension de l’humanité vers la béatitude et l’unité. Ils donnent un sens profond à la vie, illuminent la nuit semi-consciente d’un élan suprême et nous élèvent par-delà la médiocrité et la barbarie. Ces feux universels sont les qualités humaines fondamentales ; en voici un bouquet1 :

Sincérité – Humilité – Gratitude

 

PersévéranceBontéAspiration

 

RéceptivitéProgrèsCourage

 

GénérositéEqualitéPaix

Ces joyaux, cultivons-les afin qu’ils brillent dans nos cœurs et nous servent de phare quand la tempête fait rage, pour qu’ils remplissent nos vies d’une lumière nouvelle. Et puis encourageons les enfants à les cultiver, pour qu’eux aussi marchent sur cette terre d’un pas généreux et harmonieux.

Études scientifiques

Du point de vue des études scientifiques l’université de Newcastle en Australie a étudié dans plus de vingt écoles l’impact qu’avait l’enseignement des valeurs humaines fondamentales. De nombreux effets bénéfiques ont été observés : les élèves sont plus appliqués, intègres et respectueux, ils assument la responsabilité de leurs études et coopèrent mieux, ils font preuve de plus de gentillesse et intègrent plus facilement les enfants isolés ; dans ces écoles les enseignants donnent plus de choix aux élèves, ils les écoutent plus attentivement, les encouragent à gérer leurs propres conflits ; ainsi les étudiants ont le sentiment d’être traités plus justement et, de leur côté, sont plus respectueux et courtois envers les enseignants ; une meilleure ambiance règne dans ces écoles, les relations entre enseignants et étudiants sont meilleures ; il en résulte plus de bien-être pour tous et les parents se sentent plus engagés.

Exercice

Cultiver une qualité humaine fondamentale

Les questions qui suivent peuvent servir de fil conducteur afin d’amener l’enfant à approfondir sa connaissance de l’une des douze qualités humaines fondamentales citées plus haut :

  • Quelle est ta définition de cette qualité ?
  • Quand l’as-tu employée pour la dernière fois ?
  • Comment te sens-tu quand cette qualité est présente en toi ? Perçois-tu des différences dans ta posture, dans l’expression de ton visage ? Quelles sensations corporelles peux-tu percevoir ? Quelles pensées se présentent quand tu ressens cette qualité ?
  • Quelle importance donnes-tu à cette qualité et pourquoi ? Quels sont les bienfaits et avantages de cette qualité ?
  • Cette qualité est-elle présente pour toi actuellement ? Si oui, quand et comment se manifeste-elle ?
  • Quelles stratégies pourrais-tu développer pour l’utiliser davantage ?
  • Dans quelles circonstances de ta vie serait-il spécialement judicieux d’utiliser cette qualité ?
  • Cette qualité aurait-elle pu t’aider en certaines occasions ? Si c’est le cas, énumère les occasions et la manière dont tu aurais pu l’utiliser.
  • Quels seraient les avantages d’avoir cette qualité présente tout le temps ou à volonté ? Quel impact cela pourrait-il avoir sur ta vie, à court et à long terme ? Quelles différences cela ferait-il sur ton entourage et sur ton action dans le monde ?

Cultiver la Gratitude

La gratitude est le secret de la vie. L’essentiel est de remercier pour tout. Celui qui a appris cela, sait ce que vivre signifie. Il a pénétré le profond mystère de la vie.

Albert Schweitzer, Prix Nobel de la Paix

La gratitude est un sentiment de reconnaissance, de remerciement et de joie en réponse à un bienfait, un service reçu – que ce cadeau soit un bénéfice tangible reçu de quelqu’un ou un moment de béatitude paisible évoqué par la beauté naturelle. Ressentir de la gratitude, c’est avoir envie de dire merci à quelqu’un ou quelque chose (personne, nature, animal, objet, circonstance).

Pour attiser les braises

1. Approfondir l’intensité de la gratitude ressentie quand elle se présente spontanément : en lui donnant de l’attention, de la valeur et en restant tout simplement avec elle, comme si l’on partageait un moment avec un ami qui nous est cher.

2. Augmenter la fréquence des moments de gratitude : en étant plus éveillé dans la journée aux moindres signes de sa présence, en étant à l’écoute de ses micromouvements en nous, en la cherchant comme l’on cherche un trésor.

3. Elargir la gamme de ce qui éveille la gratitude. Nous pouvons ressentir de la gratitude envers de nombreux aspects de la vie : pour des personnes, la nature, les objets, les situations ou pour de petites choses simples et allant de soi, telles que d’avoir à manger ou de l’eau chaude ; pour la gentillesse, la chance, la beauté, etc.

4. Etendre la densité de la gratitude. Pour un même événement, nous pouvons élargir et densifier son spectre. Par exemple, en faisant une randonné dans les Alpes, je ressens de la gratitude envers mon mari qui s’occupe des enfants, envers les personnes qui sont avec moi en randonnée, envers la beauté de la nature (fleurs, montagne, rocher, arbre, mousse, rivière, etc.), envers tous ceux qui nous nourrissent et nous hébergent sur le chemin, etc.

Quelques exercices pour cultiver la gratitude

  • What went well. Ces deux prochaines semaines, prenez quotidiennement un moment pour écrire trois choses qui se sont bien déroulées durant la journée. Ces trois choses ne sont pas nécessairement des choses très importantes ; cela peut être dans la sphère scolaire, avec des amis ou en famille. Par exemple : « J’ai donné une bonne réponse dans l’interrogation orale de géographie » ou « Ma copine m’a invité pour son anniversaire, c’est trop bien ! ».
    Voici quelques pistes pour aider les enfants : Quels sont les moments que vous avez trouvé agréables aujourd’hui ? Quelles sont les belles choses que vous avez vues (une fleur aperçue, un arbre, un chien, un tableau, le sourire d’un enfant, une musique, etc.) ? Pour quelles actions éprouvez-vous de la fierté ? Quels amis avez-vous rencontrés ? Quand avez-vous ri, souri ? Quelle difficulté avez-vous résolue, etc. – Cet exercice a été réalisé dans de nombreuses écoles avec d’excellents résultats2.

Si vous le souhaitez, vous pouvez écrire une réflexion à côté des événement positifs en vous inspirant de l’une des trois questions suivantes :
Pourquoi cette bonne chose s’est-elle passée ?
Qu’est-ce que cela signifie pour moi ? Que puis-je faire pour que cet événement se produise à nouveau dans le futur ?

  • Prenez régulièrement le temps de partager avec les enfants les choses qui se sont bien déroulées dans la journée ou dans la semaine écoulée.
    Etablissez un rituel, seul, en famille ou à l’école pour célébrer les choses pour lesquelles vous éprouvez de la gratitude. Par exemple :
    – Durant les repas, toute la famille s’installe et chacun raconte de façon brève une ou plusieurs choses qui se sont bien passées ou pour lesquelles ils éprouvent de la gratitude.
    – Le lundi matin durant le premier cours, chacun partage une chose qui s’est bien déroulée pour lui durant le week-end.
    – Tous les soirs au moment d’aller vous coucher, passez en revue votre journée et voyez les choses pour lesquelles vous êtes reconnaissants ; comptez les bienfaits plutôt que les moutons !
  • Comment pouvez-vous montrer votre sollicitude de façon créative à ceux qui vous sont chers ?
  • En regardant en arrière sur les dernières années, quels ont été les personnes dont l’influence fut particulièrement positive ?

Les bénéfices de la Gratitude

Robert A. Emmons, professeur de psychologie renommé mondialement pour son expertise dans la recherche sur la gratitude, a suivi des milliers de personnes de tous les âges et a mis en évidence, à travers de nombreuses recherches, les multiples bienfaits de la gratitude. Ces recherches démontrent que les personnes qui éprouvent de la gratitude sont plus aidantes, plus généreuses et ressentent plus de compassion ; elles sont plus enclines à pardonner, s’approchent plus facilement des autres et ont le sentiment d’être moins seules et isolées. Au niveau physique, on note un renforcement du système immunitaire, une meilleure tolérance à la douleur, une pression artérielle plus basse, une tendance à faire plus d’exercices physiques et prendre mieux soin de sa santé. Les personnes ressentant davantage de gratitude ont également plus d’émotions positives, se sentent plus alertes, plus vivantes et éveillées, elles sont plus optimistes et heureuses et ont plus de joie et de plaisir.1

Jeffrey J. Froh, un psychologue scolaire et chercheur américain spécialisé dans le domaine de la psychologie positive chez les enfants et adolescents, a développé des interventions permettant de promouvoir la gratitude dans les écoles. Les études portant sur ces interventions montrent une diminution des émotions négatives et de leurs symptômes physiques, une augmentation des émotions positives et de l’optimisme des élèves. Les élèves se sentent aussi plus satisfaits de l’école et de la vie en général.2

  1. Emmons, R. (2010). Thanks! How the New Science of Gratitude Can Make You Happier.Houghton Mifflin Harcourt.
  2. Froh J. J., Sefick, W. J., & Emmons, R. A. (2008). Counting blessings in early adolescents: An experimental study of gratitude and subjective well-being. Journal of School Psychology, 46, 213-233.3.

Le Sens Esthétique

Beauté

 

 

le monde entier,

 

enrichi par ta présence 

 

ne devient pas plus profond, plus lumineux ?

Qu’est-ce que le sens esthétique ?

La beauté illumine tout ce qu’elle touche, elle s’est glissée partout : dans le charme du ruisseau se faufilant à travers les sous-bois, la fraîcheur d’une fleur perlée de rosée, le rire cristallin d’un enfant, la splendeur aérienne d’une symphonie de Mozart, la douceur d’un geste attentionné, le crépitement feutré de l’envol d’un oiseau… Partout où la beauté se faufile, dans l’art et la nature, dans les émotions, les pensées et les actions, du papillon aux lointaines galaxies, sur son passage tout s’illumine.
L’âme sensible l’aperçoit en tout lieu ; elle se délecte de cette beauté et remplit ainsi tout son être d’une gloire secrète. La beauté nourrit – et se nourrir de beauté, n’est-ce pas devenir soi-même beau ? – ; elle inspire, soigne, illumine, elle fait couler le bonheur dans nos vies tel un fleuve bienfaisant. Les grands hommes en ont fait leur amie ; et puis, les blessés, réfugiés dans ses bras, ne guérissent-ils pas plus vite ? Rempli de beauté, l’homme n’est-il pas meilleur ?

Études scientifiques – le pouvoir de la Beauté

Des neuroscientifiques de sept universités américaines démontrent que la participation aux activités artistiques (danse, musique, théâtre, art visuel) est reliée à :

  • Une amélioration des capacités cognitives11 : renforcement de la mémoire, des compétences en lecture et écriture, de la pensée créative12.
  • Une plus grande implication des élèves dans leur scolarité + un engagement accru dans la collectivité et dans les activités pro-sociales

Une analyse portant sur plus de deux cents lycées démontre que les écoles qui donnent une plus grande place à l’art ont de meilleurs taux d’obtention de diplôme :

Plus d’art = Plus de diplômes

La beauté n’est pas un simple ornement, une décoration, elle est indispensable à notre bien-être ; elle ajoute une dimension à tout ce qu’elle touche, elle ennoblit tout: nos actions, nos émotions, nos pensées, nos lieux de vie. Le monde tout entier enrichi de sa présence devient plus profond, plus lumineux. Un homme qui a un sens esthétique développé vit, travaille, aime mieux ; il a des idées plus lumineuses, celui qui a fait de la beauté sa compagne. Elle élève la conscience et nous détourne de la laideur. N’est-il pas plus difficile de se vautrer dans la boue primitive quand on a connu ses splendeurs lumineuses ?

L’adulte, tout en développant cette capacité en lui, stimulera les enfants à découvrir et à exprimer la beauté et l’excellence ; la beauté dans la nature: les sons, les formes, les couleurs, les senteurs; la beauté dans la musique, l’architecture, la peinture, la sculpture, la poésie; et puis dans toutes les activités humaines où s’exprime l’excellence. Cela aura pour effet d’insuffler la beauté

Exercice

Prenez trente secondes pour observer attentivement le lieu dans lequel vous vous trouvez : observez les jeux d’ombre et de lumière, les différentes formes, les matières, devinez les textures ; observez un objet pour quelques secondes puis voyez comme il occupe l’espace ; promenez ainsi votre regard curieux et attentif autour de vous.

Avez-vous remarqué des détails, des choses nouvelles ? Tout ne devient-il pas beau ? Si vous avez une œuvre d’art, ne prend-elle pas vie ? Et comment serait votre vie si cette expérience était constante ?

L’éthique

Qu’est-ce que l’éthique ?

Les règles morales se donnent pour but d’indiquer comment les êtres humains doivent se comporter, agir et être, entre eux et envers ce qui les entoure ; Napoléon disait qu’elles sont le complément naturel des lois. Le sens éthique lui, nous vient du dedans ; il obéit à un idéal intérieur, non à une norme extérieure. Son action est motivée par un appel de l’être, par l’exigence d’un idéal, l’image d’un principe absolu ; c’est la quête vers le Bien, un effort de l’être de croître et de se changer en la nature parfaite1.

Études scientifiques

Selon des recherches récentes il semblerait que le sens éthique soit inné et que l’on peut déjà l’observer chez les enfants à partir de l’âge trois ans. Des enfants vont jusqu’à dire qu’une action peut être mauvaise, même si un adulte l’a ordonnée. Selon le psychologue Jonathan Haidt, le sens éthique procède principalement d’intuitions (« je sais simplement que c’est mal »), auxquelles s’ajoute a posteriori une réflexion résultant de processus conscients et de raisonnements. Ces recherches montrent que l’attitude la plus favorable à l’épanouissement de la maturité éthique est de cultiver dans l’interaction parent-enfant « une relation positive, coopérative et un lien positif mutuel » 2.

Exercises

Habituons et encourageons les enfants :

  • à tourner leur regard vers l’intérieur et à écouter et suivre leur ressenti, à faire confiance en la guidance venue de l’intérieur (sentiment de malaise après une action ou une parole ; élan spontané d’aider son voisin ; sentiment que quelque chose est faux ou « mal » ; sentiment que les choses ne sont pas à leur juste place et besoin d’ajuster une situation ; besoin de s’excuser pour une parole, une action, une erreur ; besoin de demander réparation quand un sentiment d’injustice se fait sentir) ;
  • à prendre conscience des émotions (fierté, timidité, peur) qui empêchent la connaissance de ce qui est bien et juste de se manifester dans l’action et à transcender ces limitations en explorant diverses stratégies ;
  • à discerner entre les intuitions (de ce qui doit être fait ou dit) et les désirs, les souhaits, les peurs, les réflexes et impulsions (qui quelquefois simulent une intuition) ; à faire la distinction entre les besoins et les caprices.

Pour apprendre les langues, étudions des textes inspirants ou des textes sacrés de diverses traditions (Tao-tö king, la Bhagavad Gita, le Dhammapada, etc.), les droits de l’homme, les droits de l’enfant ; de nombreux philosophes et religieux ont aussi écrit sur l’éthique. Inspirez-vous de ces textes ou films et organisez des moments de réflexion libres, en individuel ou en groupe ;

Les Facultés Mentales

Qu’est-ce que les facultés mentales ?

A l’école, l’enseignement est traditionnellement organisé en une série de sujets (français, géographie, histoire, math) et la majeure partie du temps est consacrée à mémoriser : apprendre les lieux et dates de batailles, les noms des rivières, des montagnes, la conjugaison, les tables de multiplication, l’orthographe, le vocabulaire d’anglais, d’allemand, etc. Nous utilisons ainsi notre faculté de mémorisation durant toute notre scolarité (quelques heures par jour durant 11 ans) et cela, en général, sans avoir appris comment mémoriser !

Dans une approche intégrale, nous allons tout d’abord nous concentrer sur le développement des facultés mentales :

l’observation, la comparaison, la concentration, le discernement, la mémoire, le raisonnement, l’imagination, la logique et l’intuition. 

En partant de la curiosité naturelle des enfants, de leurs centres d’intérêts, nous les amenons au perfectionnement des outils nécessaires pour acquérir la connaissance. Tout au long du développement et du perfectionnement de ces facultés nous utilisons les branches classiques du savoir, mais l’accent est mis sur le développement des facultés et non pas sur la quantité d’informations à apprendre et le nombre de sujets abordés. Une fois ces facultés développées, l’enfant peut se consacrer à l’étude de tous les sujets avec une efficacité redoutable.

Sont-ils des génies, des êtres aux pouvoirs surhumains?

Lu Chao a récité de mémoire le nombre Pi jusqu’à sa 67 890e décimale ; Boris Konrad, lui, a mémorisé 21 prénoms et dates de naissance en deux minutes ; Simon Reinhard a mémorisé pendant cinq minutes des mots pris au hasard, il a eu dix minutes pour se les rappeler, il détient le record du monde avec 124 mots ; Dominic O’Brien a mémorisé en trente minutes 2 385 chiffres binaires pris au hasard.

Voici les remarques des enseignants au sujet du jeune Dominic O’Brien : « Il est très lent, quand il lève la main, si on ne l’interroge pas tout de suite, il ne se rappelle plus de sa question », « Il n’arrivera jamais à un quelconque succès », « Il rêve quand il est en train de calculer, il perd le fil de ses pensées », « Il rêvasse trop, ne fait pas assez attention aux détails ». Combien d’enfants ont été ainsi découragés, convaincus par les adultes qu’ils sont nuls ?
Un jour Dominic O’Brien a décidé d’améliorer sa mémoire, et, parti de nulle part, sans que personne ne le force, il a façonné une des mémoires les plus prodigieuses qui soit au monde. Il fut sacré huit fois champion du monde de mémorisation !

La première condition est donc de vouloir apprendre. Forcer les enfants à apprendre est absurde et inefficace. La deuxième condition est de leur faire découvrir les techniques de mémorisation. »

Exercice

La méthode des lieux

C’est une des méthodes les plus utilisées encore à ce jour. On trouve les premières traces de cette technique dans des écrits latins (Rhetorica ad Herennium) vers 85 avant J.-C. Elle permettait à un orateur de mémoriser rapidement un discours. La personne visitait d’abord un lieu (église, marché, etc.) et suivait un parcours définit plusieurs fois en s’arrêtant toujours aux mêmes endroits. Une fois le parcours et les arrêts mémorisés, il découpait son discours en parties, chacune symbolisée par une image forte, puis utilisant son imagination, il plaçait chaque symbole ou image à un arrêt.

C’est ainsi que le champion du monde de mémoire 2005 et 2006, Clemens Mayer, mémorisa 1’040 chiffres en une demi-heure, au moyen d’un parcours mental muni de 300 points d’arrêt à travers son domicile. On peut aussi utiliser des lieux publics que l’on connaît, un musée ou tout autre endroit et ainsi avoir plusieurs parcours à disposition.

Cette technique peut être utilisée pour se rappeler de nombreuses choses : une conversation téléphonique, le tableau périodique, une liste de choses à faire, etc.Créez un parcours dans un lieu que vous connaissez bien et définissez dix étapes, par exemple en entrant dans votre maison :

  1. Porte d’entrée
  2. Garage
  3. Buanderie
  4. Escalier
  5. Salon
  6. Cuisine
  7. Couloir
  8. Bureau
  9. Salle de bain
  10. Chambre

Voici par exemple les choses dont je dois me rappeler : sortir la poubelle, changer la caisse du chat, téléphoner à mon assureur, répondre à l’e-mail pour la randonnée de dimanche, etc.

Un exemple de visualisation: 1. j’arrive devant la porte d’entrée (une poubelle géante avec un pompon rose est devant la porte et je dois demander de l’aide au voisin pour la déplacer et pouvoir entrer), 2. j’entre dans le garage (l’odeur horrible de la caisse du chat m’oblige à mettre un masque à gaz), 3. puis dans la buanderie (mon assureur, en embuscade me saute dessus pour me vendre son assurance), 4. je monte les escaliers (je me vois avec mes chaussures de marche en pleine ascension dans une tempête en haute montagne), etc.

A vous de jouer : créez votre propre parcours en dix étapes dans votre maison et choisissez quelque chose que vous avez toujours rêvé d’apprendre ou une liste qu’il vous est utile de savoir par cœur (pour votre travail, votre passion) ou par exemple, les six vertus humaines fondamentales définies par la psychologie positive : Sagesse, courage, humanité, justice, tempérance et transcendance.

Mettez-y de l’humour, prenez plaisir à le faire !

Le Rôle de l’Adulte

Pour donner il faut avoir – nous ne pouvons partager que ce que l’on a, ce que l’on est ! Ainsi, si l’on aspire à offrir une meilleure éducation à nos enfants, il nous faut tout d’abord se préoccuper de nous-mêmes ; si l’on veut corriger un défaut ou donner un conseil, nous pouvons commencer par regarder en nous-mêmes si nous n’avons pas cette difficulté (sous une forme déguisée peut-être). Il ne s’agit pas d’être parfait et de tout savoir, mais simplement de faire preuve de sincérité, d’humilité et d’être prêt à toujours marcher en avant, à évoluer. Pour cela, il est impératif de s’offrir à soi-même du temps de qualité, de consacrer tous les jours un moment pour se recentrer, se reconnecter à ses valeurs et les cultiver, pour être et vivre plus ancré.

L’adulte peut inviter des habitudes saines chez les enfants : aller dans la nature, faire de la musique, du théâtre, de la peinture, du cheval, du sport, de la danse ; apprendre, comprendre, progresser, faire les choses avec tout son cœur, etc. ; il peut explorer avec l’enfant ce qui le passionne et lui offrir la possibilité de s’épanouir tout en apprenant les règles nécessaires à la vie collective et à la discipline.

Études scientifiques

Grandir dans un environnement physique, émotionnel et psychologique sain et aimant a un impact considérable sur notre rapport à nous-mêmes et au monde. Les études1 démontrent que les attitudes générant cet environnement sain (douceur, tendresse, mots doux, etc.) sont associées à la sécrétion d’ocytocine, une hormone qui génère la confiance, la générosité2 ; sa présence réduit la réactivité au stress3, solidifie les liens sociaux4 et augmente le sentiment d’empathie5. A toutes les étapes de la vie, chaque être a besoin d’amour, comme la plante a besoin de lumière.

Robert Rosenthal et Lenore Jacobson ont étudié ce phénomène10 ; pour explorer leur théorie ils ont fait croire à des enseignants que certains de leurs élèves (sélectionnés au hasard) étaient particulièrement intelligents. Ils remarquèrent que les enseignants se comportèrent alors de manière plus agréable et enthousiaste avec ces élèves en particulier. Quelques mois plus tard on constata chez ces derniers non seulement des notes plus élevées mais également une augmentation du quotient intellectuel. Ainsi, le simple fait de croire en un enfant et en ses possibilités a des répercussions énormes sur son futur. La sollicitude des enseignants peut donc aller jusqu’à améliorer de façon notable le Q.I. des élèves.

Un monstre sanguinaire dans le salon

On estime qu’un téléspectateur français est exposé à 2’600 meurtres et 13’000 actes violents par an. Les psychologues Dimitri Christakis et Frederic Zimmerman ont mis en évidence que les effets néfastes de la télévision persistent longtemps puisqu’une heure de programmes violents par jour quadruple la probabilité d’observer chez les enfants des troubles du comportement dans les cinq années suivantes3. Brandon Centerwall de l’université de Washington a évalué qu’aux Etats-Unis, 10’000 homicides, 70’000 viols et 700’000 agressions avec coups et blessures pourraient être évités chaque année si la télévision n’existait pas. Dans les programmes destinés à la jeunesse, on compte 14 scènes de violence par heure ; une étude chez des enfants de neuf ans démontre que la réduction des heures de télévision a pour conséquence directe une diminution du niveau de violence à l’école4.

Créons une atmosphère psychologique lumineuse et saine

Nous pouvons créer à l’école comme à la maison une atmosphère psychologique lumineuse et saine, conscients que tout ce que nous sommes influence secrètement l’atmosphère.

L’adulte peut inviter des habitudes saines chez les enfants : aller dans la nature, faire de la musique, du théâtre, de la peinture, du cheval, du sport, de la danse ; apprendre, comprendre, progresser, faire les choses avec tout son cœur, etc. ; il peut explorer avec l’enfant ce qui le passionne et lui offrir la possibilité de s’épanouir tout en apprenant les règles nécessaires à la vie collective et à la discipline.

Exercice

See, Touch and Go.

1. See : dès que vous vous trouvez superficiels, inadéquats, dès qu’il y a une tension, une fausse note, prenez-en conscience.

2. Touch : marquez un temps d’arrêt, touchez votre cœur et posez-vous la question : qu’est-ce qui importe vraiment ?

3. Go : agissez selon la connaissance, la sagesse la plus haute qu’il vous soit donné de percevoir sur le moment. Cet exercice s’inspire d’Elisha Goldstein.

Moments de partage

Les discussions sont très importantes pour développer la compréhension et la maturité ; des discussions en classe, en petit groupe, en famille, des discussions dans une atmosphère de confiance et de bienveillance. Bien sûr, il est impératif que l’enfant se sente totalement accepté et en sécurité pour être authentique (sans aucun jugement de la part de l’adulte). Les meilleurs moments pour ces partages sont quand tout est calme, dans les moments de symbiose où le ton de chacun est rempli de douceur, d’ouverture et d’amour.

Miroitons la réalité de l’enfant comme un lac de montagne à l’onde paisible reflète une riche et glorieuse scène. Présent, ouvert et bienveillant, posons-lui des questions afin qu’il prenne conscience de ses sensations, pensées, ressentis et intuitions. Avec douceur et subtilité, encourageons-le à explorer ses forces et ses faiblesses ; éveillons sa curiosité, son enthousiasme, son amour de l’apprentissage, alimentant ainsi le feu sublime de la vie.